Comme vous le savez toutes les tortues sont des Caroline, alors...
... me voilà je me présente avec ma baraque sur le dos

Le Poulbot et ses baguettes !

L'ARGOT

Petits Exemples Savoureux

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Voici par ici quelques bafouilles soufflées
deci-dela si vous en avez retapissé d'autre je suis preneuse ...

Le premier exemple concerne plutôt l'argot actuel, ce que l'on appelle aussi "le français branché", et à la fin vous trouverez des lettres écrites en argot du 19ème siècle !



Merci de préciser le texte !


Vous trouverez aussi dans ces pages les traductions en argot des grandes fables célèbres (ICI)...
Si vous en connaissez d'autres, merci de me les transmettre (vos versions persos sont aussi les bienvenue si elle sont bonne !!!)


QUELQUES PERLES de TRADUCTION


Balle (C'est de la):

Exprime l'enthousiasme, quelque chose de bien, de beau, de positif. Cette meuf, c'est de la balle (Je ne suis pas insensible aux charmes de cette demoiselle).

Bouffon :
Qui ne s'apparente pas au clan. Nique lui sa race à ce bouffon ! (Rabats lui son caquet à cet individu qui ne s'apparente pas à notre milieu !).

Carotte :
Du verbe carotter (extorquer, voler), mais dans une forme invariable. Il m'a carotté un zedou de teuchi, l'bâtard, tu vas voir comment je vais le niquer grave (Le scélérat m'a dérobé >> douze grammes de cannabis, il va s'en mordre les doigts).

Chelou :
Bizarre, inhabituel. Par extension, qui ne s'apparente pas au clan. La prof d'anglais elle a des veuch tout chelous (Ce n'est pas tous les jours que l'on voit une coupe de cheveux aussi inhabituelle et cocasse que celle de la professeur d'anglais, qui par extension ne s'apparente pas à notre milieu).

Comment :
Exprime l'intensité. Comment je lui ai niqué sa race à ce bouffon ! (Je sors indéniablement vainqueur du combat qui m'a opposé à cet individu qui ne s'apparente pas à notre style de vie, ceci dit en toute modestie, s'entend, et avec la sportivité qui s'impose en de pareilles circonstances).

Foncedé :
Se dit d'une personne qui vient de consommer du cannabis. Je suis foncedé (Mon regard est vitreux, je perds mes mots, un mince filet de bave s'écoule sur mon menton et je rigole comme un décérébré, sans aucune raison. J'ai payé assez cher pour me mettre dans cet état. Bref: je viens de consommer du cannabis).

Gun :
Arme à feu. Ziva prête moi ton gun, l'aut'batârd y m'a manqué de respect (Pourrais-tu s'il te plaît me prêter ton arme à feu, afin que je règle son compte à l'importun qui n'a été qu'à moitié urbain à mon égard).

Kiff (er) :
Apprécier. Comment je kiffe trop son cul (Le sien postérieur n'est pas sans éveiller chez moi des pulsions bien naturelles, qui me mettent dans une humeur joviale, pour ne pas oser dire gauloise).

Mortel :
Bien, beau, dont on peut se réjouir (invariable). Elles sont trop mortelles tes Nike (Vos chausses s'entendraient fort bien avec mes pieds, aussi vous demanderai-je de m'en faire l'offrande sans opposer de résistance).

Mito :
Mensonge. Dérivé de mythomane (menteur). On me fait pas des mitos à moi, bouffon ! (Je ne suis pas le genre de crédule à qui vous ferez gober vos sornettes, individu qui n'appartient pas à notre milieu !).

Race (sa) :
Exprime le mécontentement. Sa race ! (Je suis d'humeur maussade). Sa race, c'bouffon ! (Mon anneau pylorique est complètement fermé. C'est le résultat de la proximité de cet individu).

Sérieux :
Indique que le propos est grave, solennel, et qu'il faut donc lui accorder le plus grand crédit. Sérieux, j'kiffe trop son cul à votre fille (Monsieur, j'ai l'honneur de vous demander la main de votre fille).

Tèj :
Jeter, refuser, réfuter, envoyer promener. T'aurais vu comment Jamel il a tèj la prof d'anglais ! (Le facétieux Jamel ne s'est pas laissé démonter face aux réprimandes de la professeur d'anglais !).

Trop : Exprime l'intensité. En cela, synonyme de comment.Trop et comment peuvent éventuellement cohabiter dans la même phrase, pour exprimer une intensité très élevée. Trop la honte, ce blouson (Ce blouson est ridicule, et dans des proportions considérables). Trop comment je suis foncedé ! (J'ai fumé une quantité déraisonnable de cannabis. Je crains que mon acuité intellectuelle en pâtisse pour la paire d'heures à venir).

Truc-de-ouf :
Désigne une chose peu commune, qui dépasse l'entendement. C'est un truc de ouf ! (Mon dieu, mon entendement est tout dépassé !).

Zyva :
Indique que la demande est pressante. Zyva, fait méfu, sale chacal (Ne sois donc pas si avare de ta cigarette purgative, et fais en profiter ton vieil ami qui trépigne d'impatience).Zyva c'est la teuf t'a pris une pige trop de la balle (Présentes ses meilleurs voeux en ce jour si particulier qui célèbre le jour qui t'as vu naître)


DECLARATION D'AMOUR
D'un voleur à une femme qu'il AIME :

Girofle largue,

Depuis le reluit où j'ai gambillé avec tézigue et remouché tes châsses et ta frime d'altèque, le dardant a coqué le rifle dans mon palpitant, qui n'aquige plus que pour tézigue ; je ne roupille que poitou ; je paumerai la sorbonne si ton palpitant ne fade pas les sentiments du mien.

Le reluit et la sorgue je ne rembroque que tézigue, et si tu ne me prends pas à la bonne, tu me verra bientôt mourir.

Tiré du Grand Larousse
de la langue française
article sur l'argot
par H. Bonnard (1971)

LETTRE D'UN ASSASSIN A DES COMPLICES :

Un suage est à maquiller la sorgue dans la tolle du ratichon du pacquelin; on peut enquiller par la venterne de la cambriolle de la larbine, qui n'y pioncé quelpoique; on peut pésigner et tourtouser le ratichon et sa larbine en leur bonnissant qu'ils seront escarpés s'il y a du criblage; on peut aussi leur faire remoucher les bayafes: alors le taffetas les feras dévider et tortiller la planque ou est le carle. Le vioque a des flaculs pleins de billes; s'il va à Niort il faut lui riffauder les paturons.

REPONSE :

Nous voulons bien maquiller le suage de ton rochet, l'ouvrage paraît bon; mais nous ne pouvons le maquiller qu'à la condition de tout connir: il n'y a que les refroidis qui ne rapliquent nibergue. Il sera donc impossible d'être jamais marron, si tu consens à nous laisser rebâtir le ratichon et sa larbine. Nous irons pioncer dans le sabri du rupin de ton villois, à 50 paturons de la chique de la daronne du mec des mecs; nous ne voulons enquiller chez aucun tapissier, c'est se mettre dans les fonts du bâtème; voilà notre dernier mot. Nous attendons ta salade.

Poésie argotique de Lacenaire
tiré de ses mémoires

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